Servane Gis

ART

Dans mon travail, j’aime me raconte des histoires.

J’écris, traduis et construis les vestiges d’un souvenir, mettant en scène ses habitants.

Dans celui-ci, il y a deux étapes ; la recherche, la composition et la classification d’un fond d’archives photographiques vernaculaires familiales et ensuite l’extraction de certaines images comme corpus de réflexion et de motifs plastiques pour la création de pièces.

Les images permettent-elles de se souvenir ? S’il n’y a pas d’image pour se souvenir, doit-on en inventer pour se construire, écrire sa propre histoire de famille ? Ces questionnements fondent ma réflexion autour des notions d’héritage, de transmission, de famille, de la sororité, de la perte et du deuil. Entre dessin, gravure, installation et littérature, j’explore la manière de créer son identité personnelle au travers d’une identité familiale parfois opaque à cause des non-dits, m’ancrant dans l’enfance, le souvenir, la nostalgie et l’émerveillement. Les pièces que je crée veillent sur ces moments tendres qui s’estompent, se fragmentent et se fragilisent donnant à voir une partie mais laissant l’ensemble nous échapper.

« La porte cochère claque.

Je tourne la clef et ferme pour la dernière fois.

La signature de l’acte de vente est dans une heure.

Ça ne semble pas réel.

Tout ce que cette maison a été pour nous, va bientôt nous échapper.

Pour recommencer avec d’autres gens.

Tous les mystères qu’elle a portés, inscrits dans ses murs, demeureront avec elle. »

Extrait du mémoire de fin d’étude, Qui va voir mamie demain ?, écrit, imprimé et archivé en 2025